mardi 19 avril 2011

Rennes à bout de souffle

Alors que le sprint final est lancé, Rennes reste sur cinq matches sans victoire. Un coup de fatigue, tente d'expliquer Frédéric Antonetti. Epidémie de blessures, manque d'envie, limites techniques, mental déficient, les maux rennais sont pourtant multiples.
Pour la première fois en championnat, Rennes a perdu à domicile face au voisin lorientais (1-2), samedi. Mais plus qu'un derby breton, les hommes de Frédéric Antonetti, lancés à la course de la Ligue des Champions, perdent leur souffle dans le sprint final. Après cinq victoires consécutives entre février et mars, on leur dessinait pourtant une fin de saison palpitante. Aujourd'hui, même le podium semble difficilement accessible, même si elle est à deux points. La série en cours est de nature à refroidir les plus optimistes : deux points pris en cinq journées et surtout deux défaites consécutives. "On a perdu la confiance à Brest, reconnaît Frédéric Antonetti. On peut perdre des matches, mais pas comme celui à Brest, perdu sur la vaillance. La semaine d'après, on tremble. On ne s'engage pas". Pourtant, l'entraîneur est catégorique. "Je ne pense pas que l'on fera comme l'année dernière", dit-il en souvenir de la série de huit matches sans victoires signée par son équipe dans le sprint final. A l'époque, les Rennais n'avaient plus rien à jouer...
Alors Antonetti cherche des explications, pas des excuses. "On joue avec les moyens du moment, dit-il. Il y a un moment où, lorsqu'on est au bord de la rupture physiquement, ça casse". Les Bretons seraient donc usés. Pourtant, leur saison n'a rien eu d'un marathon. Cette saison, rapidement éliminés des Coupes nationales et privés de Coupe d'Europe, ils ont disputé 35 rencontres. De quoi faire sourire leurs concurrents directs, Lille (47), Marseille (44) ou Lyon (42). Mais la différence, c'est la profondeur de l'effectif rouge et noir, affaibli par un enchaînement de blessures. Résultat : l'équipe s'essouffle. "On a longtemps limité les dégâts dans ce championnat, mais sur la durée il nous faut tous nos arguments, peste Antonetti. Je ne crois pas qu'on ait été en surrégime jusqu'à présent, mais on accumule tous les malheurs du monde cette saison".
"On est diminué physiquement"
Il est vrai que le groupe rennais est gangréné par les blessures : la liste est longue (Apam, Theophile-Catherine, Brahimi, Marveaux) et malheureusement non exhaustive. Samedi, Romain Danze a rejoint l'infirmerie, touché à la cuisse gauche. L'absence des blessés est préjudiciable : Antonetti ne peut faire jouer la concurrence alors que le sprint final est entamé. "On est un petit peu dans le dur en terme d'effectif. On n'a pas toutes nos forces en ce moment", regrette-t-il encore. L'absence de Théophile-Catherine, blessé, a ainsi poussé le Corse à titulariser Samuel Souprayen. Expulsé en première période pour deux cartons jaunes inutiles, ce dernier a tiré une balle dans le pied de son équipe, qui menait alors au score (1-0). "Même si on mène à ce moment-là, on sent qu'on est diminué physiquement, avance-t-il encore comme explication. Il y a des temps de retard et c'est ce qui occasionne l'exclusion de Souprayen, même si elle me semble sévère".
Frédéric Antonetti s'est fait une raison. "Il reste sept matches, on est parti pour ne jamais avoir notre effectif", dit-il. Et l'hécatombe continue. Pour la réception de Bordeaux lors de la 33e journée, outre Souprayen, Rennes sera privé de Kana-Biyik, lui aussi expulsé et suspendu. "Cela fait partie de l'apprentissage. L'exclusion de Kana-Biyik, le joueur se sent lésé, il prend un jaune", tente de relativiser l'entraîneur qui répète à l'envie que son équipe ne vise pas le Top 3. On peut aussi y voir la preuve que le mental breton est friable. Et ça n'est pas le seul mal. Si elle reste première de la classe L1 (26 buts encaissés), la défense rennaise a encaissé trois buts. M'Vila, lui aussi, est peut-être rattrapé par la fatigue. Moins tranchant et décisif dans l'entrejeu, il n'est plus un rempart infranchissable devant la défense. Au milieu, l'entrejeu rennais est en manque de Yacine Brahimi. Quant à l'attaque (33 buts en 31 matches), elle est indigne d'un candidat aux premiers rôles.
"J'ai eu le flash de la saison dernière"
Rennes doit s'améliorer dans ces domaines pour retrouver le cap vers l'Europe. Le problème, c'est que Frédéric Antonetti manque d'alternatives. Fataliste, il refuse pourtant de baisser les bras. "L'abattement n'est pas mon genre, il faut trouver des solutions, affirme-t-il. Le championnat est un dur combat, il y a plein de choses qui se passent (...) Il faut savoir traverser ces périodes-là. On va essayer de rebondir". Contrairement à son entraîneur, dans le vestiaire, Jirès Kembo-Ekoko a eu "le flash de la mauvaise fin de saison de l’année dernière". Et il ne veut pas la revivre. "Il faut retenir les leçons, demande l'attaquant. Tout est contre nous. Il faut être fort mentalement. Il ne faut pas se dire que le 6e est loin derrière car ça va vite. Il n’y a pas de secret, c’est par le travail que l’on changera les choses".
 Eurosport
http://fr.sports.yahoo.com/18042011/70/ligue-1-rennes-a-bout-de-souffle.html
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