mercredi 9 novembre 2011

Diarra, comme un malaise

Mardi, Alou Diarra a eu du mal à retenir sa nervosité, alors que commence le stage des Bleus, qui affronteront les Etats-Unis (11 novembre) et la Belgique (15 novembre). Agacé à la moindre question et parti aussi vite qu'il était arrivé... Récit d'un moment oubliable, symbole de son début de saison.
"C'est bon ? Je suis en train de parler de moi et je n'aime pas trop ça." Au bout de huit minutes et seize secondes, Alou Diarra s'est relevé. Une libération. Pour lui et ses interlocuteurs. Affalé sur son siège face à la "meute", mardi au premier jour du stage des Bleus, le Marseillais a fini par en avoir assez d'être mitraillé de questions "dérangeantes", comme "avoir le soutien du sélectionneur, c'est bien ?" ou "quel bilan faites-vous de votre début de saison ?" Bref, Alou Diarra n'avait pas envie de venir en conférence de presse. Il n'est pas le premier. Ni le dernier. Mais quand certains joueurs le font sentir, que d'autres le montrent, Diarra a réussi à le faire clairement savoir en moins de 500 secondes. Une performance.
Alou Diarra vit un début de saison difficile avec l'Olympique de Marseille. Arrivé l'été dernier, l'ancien Bordelais marche au même carburant que la saison passée. Bref, il ne convainc pas, ni avec l'OM, ni avec les Bleus où Laurent Blanc, qui aurait aimé en faire son capitaine au long cours, a fini par se rendre à l'évidence. Ce sera compliqué. Voire impossible. Evidemment, Diarra ne vit pas bien cette situation et les critiques qui l'accompagnent. On peut le comprendre. Au moins a-t-il le soutien du sélectionneur, ce qui est plutôt appréciable quand on traverse une période difficile. Non ? "Ouais, si vous voulez", répond-il en bougonnant. "C'est vrai, c'est grâce au sélectionneur (que je suis là)", ajoute-t-il en faisant la moue. Avant de conclure : "Il y a des gens qui connaissent bien le ballon et n'oublient pas du jour au lendemain."
"Je n'ai jamais le sourire"
Avant qu'il n'arrive en conférence de presse, Philippe Tournon, le chef de presse de la délégation tricolore, avait pourtant été clair. On évite les questions sur les clubs et on se concentre sur l'équipe de France. Impossible néanmoins de zapper le sujet Olympique de Marseille quand on a Alou Diarra devant soi. Là aussi, l'ancien Lensois a bien tenté de se débiner : "Je suis venu pour parler de l'équipe de France. Mais c'est bien d'enchainer, ça détend l'atmosphère, c'est bien, c'est sympa. On fera les bilans à la fin de la saison. On pourra nous taper dessus à la fin", a-t-il lancé sans un sourire.
Allez, on se lance. Agacé Alou ? "Non, pas du tout, assure-t-il avec une moue qui trahit une pensée et des sentiments aux antipodes de ses paroles. Je suis là car je dois être là. Ça fait partie de mon métier. Je ne suis pas quelqu'un de très bavard de nature." Ne pas être prolixe, c'est une chose. Soupirer et rouler des yeux à chaque question en est une autre. Le capitanat et le choix éventuel de Laurent Blanc seront les gouttes d'eau qui feront déborder le vase : "Je pense que vous posez les questions aux mauvaises personnes. Une personne est là pour trancher, c'est le sélectionneur. Il décide de tout. C'est lui qui voit, qui gère. Demandez-lui." C'est fait. Mais ça serait mieux passé avec un sourire. "Je n'ai jamais le sourire, je ne suis jamais venu en conférence de presse avec le sourire. Je ne suis pas quelqu'un qui aime beaucoup parler." Pourtant, ça fait partie du métier. Surtout pour un (possible) capitaine.
Eurosport
http://fr.sports.yahoo.com/08112011/70/matches-amicaux-diarra-comme-un-malaise.html
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